La casse sociale menée par l’Arizona se poursuit

Ce que les employeurs présentent comme de la « flexibilité » est en réalité une nouvelle attaque contre la protection, la sécurité et les salaires des travailleurs. Avec quatre nouvelles décisions, le gouvernement poursuit sa trajectoire : plus de pouvoir pour les employeurs, moins de droits pour les personnes qui travaillent.

1. Plafonnement des délais de préavis : licencier devient moins cher

La limitation des délais de préavis à un maximum de 52 semaines affaiblit la protection des travailleurs ayant une longue carrière. L’ancienneté, l’expérience et la loyauté perdent toute valeur. Les licenciements deviennent plus simples et moins coûteux, tandis que l’insécurité grandit pour les travailleurs quant à leur avenir.

 

2. Travail de nuit sans rémunération correcte

La suppression de la prime automatique entre 20 h et 23 h constitue une baisse salariale directe pour celles et ceux qui doivent faire preuve de flexibilité. Le travail du soir et de nuit reste pénible, mais il est de moins en moins correctement rémunéré. Le fait de laisser les entreprises « libres » de décider d’une prime met les travailleurs sous pression et accentue les inégalités entre eux.

 

3. Mini-contrats à temps partiel : plus de précarité, aucune sécurité d’emploi

L’introduction de contrats de quelques heures à peine par semaine ne crée pas des emplois de qualité, mais fragmente le travail et engendre des revenus incertains. Les travailleurs deviennent encore plus flexibles, sans garantie d’heures suffisantes, de salaire stable ou de droits sociaux.

 

4. Démantèlement des règlements de travail

En réduisant les règlements de travail à de vagues cadres, on fait disparaître la transparence et la concertation. Les travailleurs perdent toute visibilité sur leurs horaires et leurs conditions de travail, tandis que le contrôle et le dialogue social sont vidés de leur substance.

Ces décisions s’inscrivent dans une agenda plus large de flexibilisation qui, depuis longtemps déjà, entraîne davantage d’heures supplémentaires, de flexi-jobs, de périodes d’essai et de travail étudiant — toujours au détriment des emplois stables et des carrières soutenables. À cela s’ajoutent les heures supplémentaires dites « volontaires » (360 heures en général – 450 heures dans l’horeca), l’extension massive des flexi-jobs, le retour de la période d’essai et l’augmentation du travail étudiant jusqu’à 650 heures par année civile. Sans oublier la pression constante et l’attaque frontale contre l’indexation.

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Ce que le gouvernement et les employeurs présentent comme du « travail faisable » rend surtout le travail plus précaire et plus lourd. Pour nous, ce n’est pas un progrès, mais une nouvelle étape dans la casse sociale.